Mouloud Mammeri
Invité : Gana Mammeri, neveu de l'écrivain et linguiste Mouloud
Mammeri
Né en 1917 à Taourit-Mimoun l'un des cinq villages de Ait
Yeni en Grande Kabylie. Adolescence au Maroc chez son oncle. Il commence le
lycée à Alger, et part ensuite pour Louis le Grand. Il participe
à la Seconde guerre mondiale. Professeur de Lettres à Médéa
et ensuite à Ben Aknoun. Pendant la guerre d'Algérie, il part
pour le Maroc puis rentre en 1962. Professeur à l'université
d'Alger et directeur du Centre de Recherches anthropologiques, préhistoriques
et ethnographiques jusqu'en 1980. Il meurt en 1989 dans un accident de voiture.
"Féru de culture kabyle d'abord et surtout, mais aussi spécialiste
des autres groupes berbérophones : du Maroc central qu'il avait connu
de l'intérieur, des Touaregs de l'Ahaggar, du Gourara... rien de ce
qui était berbère ne lui était étranger ; Mammeri
connaissait, appréciait et savait faire partager les finesses des diverses
traditions de la berbéritude. Mammeri était aussi un anthropologue,
fin connaisseur et observateur de sa société ; tous ses ouvrages
de poésie berbère sont accompagnés d'une présentation
conséquente du contexte social et culturel qui a produit ces uvres."
Salem Chaker
Auteur de quatre grands romans, La Colline oubliée (Plon,
1952), Le Sommeil du juste (Plon, 1955), L'Opium et le bâton
(Plon, 1965) et La Traversée (Plon, 1982), ainsi que, de deux
pièces de théâtre en 1973 (Le Banquet, précédé
de La Mort absurde des Aztèques) et Le Foehn, plus des
recueils de nouvelles et de contes (Machaho et Telem Chaho;
en 1980). Mammeri publiera aussi deux recueils commentés de poèmes
kabyles traduits, en l'occurrence Les Isefra, poèmes de Si Mohand
ou M'hand (Maspéro, 1969) et Poèmes kabyles anciens
(Maspéro, 1980). Ses écrits donnent à la langue et la
culture berbère un épanouissement qui va au-delà de l'étiquette
régionaliste qu'on a donné à Mouloud Feraoun.
On l'a interdit plusieurs de ses conférence en Algérie notamment
en 74 à l'Université de Constantine. Celle de Tizi Ouzou en
1980 souleva une protestation radicale des étudiants et de la population
de la kabylie. Toute la Kabylie s'est levée pour exprimer sa révollte,
et réclamer la reconnaissance du Tamazight,
Décidement bien avant le terrorisme la place de l'intellectuel en Algérie
n'existait pas, il n'y avait pas encore d'espace de liberté réel.
Penser, produire du sens n'avait pas encore de sens et aujourd'hui !.

Exprimez-vous
Ce site est aussi le vôtre, vous pouvez intervenir sur différents
sujets :
L'émission
Les Berbères
Société
Culture