© Le Divan berbère
tous droits réservés

Retour au pays

Vous allez voir un reportage intitulé Retour au pays. avec ce titre on peut déceler une certaine nostalgie, cela faisait 14 ans que je n'étais pas revenu en Kabylie. Coupure longue et douloureuse car on n'oublie jamais l'endroit où l'on est né, cette terre terrible, ces paysages magnifiques, ces gens accueillants et spontanés.

Dès l'entrée de Tizi Ouzou, j'ai senti une certaine fébrilité me gagner, j'étais en même temps bien et en même temps inquiet comment j'allais retrouver ce chez moi après les événements douloureux qui s'y sont produit. Les années noires, ces années de terrorisme que j'ai vécu par procuration, à travers les journaux, les images rares de la télévision et les témoignages de nombreux immigrés qui ont afflué vers la France.
Après Tizi, la route monte vers Beni Zmenzer, vers la montagne, vers mon village. Une route encore plus abîmé d'après mes souvenirs et aussi des constructions anarchiques qui ont poussé sans véritable plan d'occupation des sols. C'est vrai que les Kabyles ne sont pas disciplinés, mais là j'avais l'impression qu'ils n'étaient pas seuls responsables et que l'administration avaient laissé faire ! Cela me sera confirmé lors de mes discussions avec les habitants. Des femmes apparaissent sur les routes, et de les voir habillées de leurs costumes traditionnels me rend presque gai car elles sont belles ainsi en jaune, rouge, vert. Une vraie peinture digne d'un grand maître de la Renaissance.
Les retrouvailles avec la famille et les amis furent chaleureuses et simples, pas de reproche, juste de la chaleur et des rires. Le village n'a presque pas changé à part ces blockauss qui gâchent parfois la vue. Les gens sont restés tels quels. Ils m'ont laissé les filmer sans grande difficulté, cela est déjà un changement appréciable dans les mentalités. Le monde à bougé en 14 ans, mais eux aussi.
Vous verrez des scènes champêtres avec des paysans qui travaillent encore leurs terres et s'occupent du bétail, des artisans que j'appelle des artistes qui utilisent encore le métier à tisser, des femmes capablent de vous faire des poteries magnifiques et qui conservent encore les pratiques ancestrales et un savoir faire indéniable. Elles travaillent pour elles et leur entourage.
J'ai aussi filmé des moments simples de la vie sans rien programmer, cela se fait au hasard des rencontres comme avec Aaros et ses amis ou cette fête en l'honneur du fils qui a obtenu son bac. Il y a un moment émouvant celui ou un cousin parti en France retrouve son ancienne maison,
Une maison traditionnelle où il a vécu 30 ans.
Voilà un reportage en somme presque banal, mais les gens eux sont vrais, naturels, émouvants, drôles, bravo pour ces acteurs de leurs propres vies.
Je vous laisse découvrir ce village d'Ighil el Mal, je vous laisse regarder des hommes et des femmes continuer à vivre dans la bonne humeur et souvent la joie. Regardez les bien, ils rient souvent malgré un ciel menaçant car les problèmes de la Kabylie sont toujours là : le terrorisme n'a pas complètement disparu, le chômage reste la réalité quotidienne de beaucoup de jeunes mais ils ne baissent pas les bras et je dois ajouter une mention spéciale pour les femmes qui toutes ont une occupation à l'extérieur ou à l'intérieur de la maison.
Ce sont eux tous les héros malgré eux de ce film.

Exprimez-vous

Ce site est aussi le vôtre, vous pouvez intervenir sur différents sujets :
L'émission
Les Berbères
Société
Culture

Informations légales